CARNET DE VOYAGE EN AUSTRALIE

Ce voyage était très court. Nous n'avons vu qu'une infime partie de l'Australie. Mais c'était préparé dans le détail ! Les impressions ont été si intenses que finalement elles ont fait l'objet d'un long récit décrivant les itinéraires à pied, en bus, en avion, en bateau. Pour un résumé, cliquez sur le drapeau anglais, puis sur Australia. Mon anglais est élémentaire et très facile à lire.

 

Qui, quand, comment

Nous sommes deux à faire ce voyage.

Dates : mai 1999 (c'est le début de l'automne. Les températures devraient être agréables à l'intérieur du continent, et les pluies sont terminées dans la région tropicale de Cairns).

Ce voyage en individuel a été préparé avec " Voyageurs du monde ", 55 rue Ste Anne, 75002 Paris, que nous recommandons chaleureusement. Deux passages à l'agence ont suffi pour tout régler. Nous avons fixé les durées de séjour dans les villes et préparé nous même nos visites, Nous avons aussi acheté des " journées " de prestations complètes (3 jours au centre de l'Australie, 1 journée dans la forêt tropicale au nord de Cairns, une journée sur la grande barrière de corail). La qualité des prestations de l'agence et celle de ses sous-traitants sur place ont été parfaites.

Visa : l'agence s'en charge, immédiat. Vêtements : assez légers (environ 18°C à Sydney et 30°C dans le centre). Bonnes chaussures de marche, un chapeau, et une sorte de moustiquaire (flynet) que l'on placera sous le chapeau pour se protéger le visage des mouches pendant certaines randonnées. Une torche électrique (vous verrez pourquoi).

Pour deux, nous avions une valise, un sac de sport pratique pour sa géométrie variable, et chacun un petit sac à dos avec papiers, argent, plans… La préparation s'est faite par des lectures de guides (Lonely Planet), de la documentation donnée par l'ATC (Australian Tourism Commission) à Paris, par celles d'ouvrages sur les aborigènes. On peut revoir " Crocodile Dundee ", les paysages sont véridiques. Le séjour étant limitée à 12 jours, le programme de chaque journée a été défini avec précision : endroits à visiter, itinéraires et distances à parcourir à pied, moyens de transport à utiliser (taxis, métro, ferry, bus). Nous avions prévu au retour un arrêt d'une nuit et d'une journée pour visiter rapidement Singapour (préparée avec le guide du Routard).

Budget : En individuel, avec des hôtels excellents sans être des 5 étoiles, en acceptant les joies du campement pour visiter le centre de l'Australie, en prenant les repas dans des restaurants simples, des pizzerias, snacks chinois, le budget est inférieur à 15.000Fr/personne tout compris (vols intérieurs, taxis, restaurants, achats, …). Le voyage A/R Paris - Sydney seul coûte actuellement moins de 6.000Fr.

Jour 1Jeudi : départ de Roissy à 23h20, avec Quantas.

Jour 2 Vendredi : toujours en l'air. Escale d'une heure dans le superbe aéroport de Singapour. Nombreuses boutiques hors taxes, mais finalement peu intéressantes coté prix.

Jour 3 Samedi : arrivée à Sydney à 5h10 du matin. Transfert par taxi (24$ Aus., pas plus cher que le bus, et direct) à l'hôtel Hughenden, dans le quartier tranquille de Woolhara, tout à coté de l'immense parc Centennial. Le jour se lève. Les arbres qui bordent la rue perdent leurs feuilles ! C'est vrai qu'ici c'est l'automne. Nous déposons nos bagages, et c'est parti ! Les itinéraires de la visite de Sydney sont basés sur ceux proposés dans la très bonne brochure Sydney Mapguide fournie par l'ATC, et avec le guide Lonely Planet.

City shopping walk. Bus pour le centre ville. Descente prés de Hyde Park. Quartier de gratte-ciel avec bureaux et magasins de luxe. Mais il est si tôt ce samedi que tout est désert ! Chifley plaza, Martin Place, AMP tower, MLC centre, Pitt St Mail, Strand (très beau passage couvert victorien), Castlereagh St. Puis les rues s'animent. Queen Victoria building (immense centre commercial dans un ancien bâtiment restauré. Nous suivons la ligne du monorail qui passe au-dessus de nos têtes. Finalement, comme la fatigue du voyage se fait sentir, nous le prenons à la station la plus proche. Ouf ! Darling Harbour walk. Vue sur Darling Harbour, anciens docks reconvertis en de parc d'attractions marines, avec musée de bateaux, aquariums, Sega World, restaurants, centre de conférences. Le tour dure environ 10mn avec le monorail, et, comme dans le métro parisien, on peut y passer la journée. Mais ceci n'est pas dans le programme. Nous refaisons, à pied cette fois, le tour de Darling Harbour : par Prymont Bridge, puis le Chinese Garden. Passage par Dixon St Mail et le tout petit quartier chinois. Retour dans Georges St et les centres commerciaux.

Il est presque midi et le sous sol de Centrepoint, réservé à l'alimentation, est très animé. J'aime bien voir comment se nourrissent les autres peuplades. Et là ça a l'air pas mal du tout. Il y a des inspirations allemandes dans les charcuteries. L'Italie s'impose avec de nombreux stands de pâtes et de pizzas. La Chine est là presque en voisine. L'ensemble à l'élégance britannique de l'étage alimentation de chez Harrod's, les produits sont influencés par les cuisines du monde, et l'ambiance est très décontractée. Mais où est la cuisine française ?

Dans les allées sont placées des petites tables rondes, avec dessus des gâteaux faits à la maison, des bijoux artisanaux, des fleurs. A coté de la table la cuisinière ou l'artiste vante leurs marchandises et invite à déguster et à regarder. Et là, un jeune homme parle avec humour et en anglais de ses mousses au chocolat, fabriquées la veille selon la recette de sa grand mère. Nous nous approchons pour goûter. Entendant nos commentaires, il passe au français, mais avec l'accent belge. Pour finalement dire - sans accent cette fois - qu'il est parisien et vit ici depuis plusieurs années de la vente de ses mousses. Il s'appelle lui-même " le mousseux de Sydney ", et sur sa carte de visite il est le Managing Director de la " Belgian Chocolate Mousse Company ". En fait, je le soupçonne d'être le seul employé. Il nous explique que le Centrepoint accepte que des particuliers viennent vendre leurs produits dans leurs locaux, sans aucun engagement contractuel.

Around the suburbs. Départ pour Manly. C'est une station balnéaire réputée à 45mn environ. Du bateau, vue sur le Sydney Harbour Bridge à gauche et sur l'Opéra à droite. Nous y reviendrons demain. Manly est situé sur un isthme. D'un coté le petit port, de l'autre une grande plage. Ça ressemble à une petite ville anglaise de bord de mer en automne. Boutiques de souvenirs, fast-food, quelques surfeurs. Mais évidemment, on comprend qu'en été les gratte ciel de Sydney se vident à 5 heures (p.m.) pour remplir les plages. Retour à Circular Quay, et bus pour l'hôtel.

Quartier de Woolhara, l'hôtel Hughenden. L'hôtel n'est pas très grand, avec un charme britannique. Drapeau national sur la façade, boiseries vernies, exposition d'œuvres d'art et de photos historiques, salon de lectures très " cosy ". . Après une remise en forme, tour à pied dans les rues voisines. Il fait nuit déjà. Le quartier est résidentiel, avec des rues paisibles bordées d'arbres. Quelques antiquaires et galeries d'art. Les habitations ressemblent un peu à celles d'Amsterdam : un jardinet sur la rue, quelques mètres de façade, un rez-de-chaussée avec une grande baie sans rideau qui laisse voir le salon et la cuisine, un ou deux étages. Toutes sont alignées et se ressemblent. Quelque chose nous inquiète : beaucoup de voitures en stationnement ont le pare-brise ou la vitre arrière cassée. Le quartier serait-il moins tranquille qu'il ne paraît ? Il n'y a pas de passant, les rues sont un peu sombres. Nous tournons à gauche vers le quartier plus animée de Paddington. L'explication des bris de vitres viendra plus tard. Le style des restaurants dans Oxford street est intermédiaires entre fast food et restaurant classique. Dans celui que nous choisissons, pas de patron moustachu, mais une équipe de gens très jeunes et efficaces. Ambiance décontractée, nourriture simple et correcte. Non ! Non, ce n'était pas un MacDo. Retour à l'hôtel et dodo.

C'était une journée sans attrait particulier, mais un premier contact et un aperçu de la vie citadine.

Jour 4

Harbour foreshore walk. Aujourd'hui les choses sérieuses commencent. D'abord le petit déjeuner . Pas de serveur dans la salle à manger. Chacun se sert au buffet et fait griller ses toasts. Bus pour Circular quay. Nous longeons à droite Circ Quay pour atteindre l'Opéra. Tout le monde a vu des photos, il est devenu le symbole de Sydney. Selon la sensibilité de chacun, ça peut ressembler à une gigantesque bête préhistorique, à un énorme coquillage, à un palais de science fiction. C'est vraiment très beau, impossible d'expliquer pourquoi, et c'est sans aucune référence à une construction déjà vue. Ces " carapaces " blanches sont en fait formées de petits carrelages. Nous en faisons le tour, sans visiter l'intérieur.

Entrée dans le jardin botanique. Non, ce n'est pas un lieu pour les savants, le panneau à l'entrée donne le ton : " S'il vous plait, marchez sur la pelouse… Nous vous invitons aussi à sentir les roses, embrasser les arbres, parler aux oiseaux, pique-niquer sur les pelouses. Et au contraire de beaucoup de jardins à l'étranger, l'entrée est gratuite ". Le jardin est installé sur l'emplacement de la première ferme d'Australie. Les arbres sont magnifiques dans leur formes et leurs variétés. L'intérêt est sans cesse maintenu. . Ici ce sont d'énormes chauve-souris (foxbirds) accrochées dans les branches. Là c'est le carré des plantes menacées dans le monde. Saviez vous que le yucca de nos salons est une grande belle plante que l'on déracine de son terreau natal et que l'on mutile pour lui donner l'aspect que nous connaissons ? Et que le nombre de yuccas à l'état "sauvage" diminue ? Bon, et le foie gras, alors… Ça n'a rien à voir. Nous passons près d'un homme allongé sur un banc au soleil, et il parle. Nous avions remarqué que les gens était cool ici, mais de là à utiliser son mobile dans cette position… Effectivement, c'est un des rares clochards que nous avons vu, et il parle tout seul. Nous arrivons à Mrs Macquaries Chair, endroit où l'épouse d'un gouverneur aimait venir s'asseoir. La vue est très belle sur l'Opéra, la baie et Harbour Bridge.

Retour par Mrs Macquaries rd. Arrêt à l'Art Gallery of NSW. N'hésitez pas, c'est superbe et gratuit. Œuvres contemporaines et fin 19éme. Une salle est dédiée à l'art aborigène.

A gauche The Domain, site pour spectacle en plein air. Au bout de l'Art Gallery rd, la cathédrale St Mary. Le héros du roman " Les oiseaux se cachent pour mourir " est passé par là. Les amateurs auront la larme à l'œil en repensant à Chamberlain. Traverser College St pour entrer dans Hyde Park. Splendide allée d'arbres. Sortir par Macquarie St, avenue bordée sur la droite de bâtiments (relativement) anciens : Caserne, Hotel de la Monnaie (Mint Museum, Parliement House, State Library. Dans la descente sur la gauche de beaux immeubles. Circular quay.

Et enfin une chaise pour le déjeuner au restaurant Eliza Blues Kitchen, installé au rez-de-chaussée du terminal passagers international, à gauche de Circular Quay. Excellent. Avec une bouteille de chardonnay australien (il faisait chaud dehors !) et une nappe blanche en toile, le G. Routard le classerait entre prix moyen et cher.

The Rocks Walk. Le Darling Harbour vu hier regroupe des attractions modernes installées dans des docks désaffectés. The Rocks, lui, est un vieux quartier du port (1820 environ) rénové pour le touriste consommateur. Du terminal nous revenons dans Georges St, rue avec magasins de souvenirs, pub, et restaurants. Le Sydney Visitor Centre (à droite) est une mine d'informations. Descendre sur la droite et faire le tour de Campbell Cove, anciens entrepôts tout en brique, reconvertis en plusieurs immenses restaurants. C'est dimanche, et c'est complètement "full". Mais on a plus faim. La photo (carte postale achetée) montre de gauche à droite: le jardin botanique, l'Opéra, Circular Quay, le terminal maritime international, The Rocks.


Panoramique (copie)

Deux bateaux anciens sont à quai. On revient dans Georges St, que l'on remonte un peu pour tourner aussitôt sur la gauche. Nombreuses attractions dans la rue. Depuis des massages chinois jusqu'à des joueurs de djidjiredou. Barbe à papa et saucisses-bières, et grosse foule du dimanche. Nous tournons à droite dans Argyle St, et le tablier de Harbour Bridge apparaît tout près, vu de dessous. C'est gigantesque ! Prendre à droite un escalier, puis traverser le pont par un passage sous-terrain. La foule a disparu.

Nous arrivons sur Argyle Place (1840), longue place entourée de maisons, avec une petite église et le vieil hôtel Lord Nelson. Nous grimpons sur l'Obervatory Hill, le plus haut point de la ville. Repos sur un banc avec vue magnifique sur le pont et la baie. A faire l'après midi pour avoir un bon éclairage. Dans l'ombre d'un grand arbre, trois jeunes gens " corrects " sont assis sur un banc et bavardent, un verre à pied à la main. La bouteille de vin est posée devant eux, prés de leurs porte-documents. Ont-ils passé l'après midi à travailler leurs cours, à boire, ou est-ce la récréation ?

Vue de l'Observatory Hill. Descendre par le passage sous-terrain et monter sur le trottoir de droite du pont. Le trafic est intense sur les 8 ou 10 voies. Aller jusqu'au premier pilier. Il est possible de monter jusqu'au sommet de l'arche métallique du pont, sur une poutrelle métallique assez large, mais la rambarde de chaque coté est formée seulement de 2 câbles. Donc on a le vide de chaque côté. Attention au vertige ! La vue est à 360° sur la baie, l'Opéra et la ville. La publicité dit "For the climb of your life !". Revenir dans Argyle St, puis passer par des ruelles (Suez canal, Nurses Walk) pour tomber dans Georges St, et revenir à Circular Quay. C'est le terminal des ferries, mais aussi des bus.

Retour à l'hôtel. Comme c'est bon une douche ! Pour les 3 prochains jours, nous avons réservé un " safari " (c'est le nom utilisé pour des excursions avec logement sous tente) au cœur de l'Australie. Dîner dans le restaurant de l'hôtel. Ambiance très calme. Le filet de beef est extra. Mais attention ! Il faut le commander " Very very rare ", autrement il est supercuit. Le vin est excellent. C'est le cépage qui est proposé (Chardonnay, sauvignon, cabernet…) avec le nom du viticulteur, et non pas une appellation d'origine. Nous avions remarqué que beaucoup de toits dans le quartier étaient couverts de bâches, semblant attendre des travaux. L'explication nous est donnée, en même temps que celle des bris de vitres de voitures remarqués la veille. Un orage avec des grêlons atteignant 1kg s'est abattu sur le quartier peu avant notre arrivée.

Jour 5

Ayers Rock et les Monts Olgas. Taxi pour l'aéroport à 7h, et enregistrement pour Ayers Rock. En attendant le départ, je m'installe à une cabine Internet pour envoyer quelques messages aux enfants. Ça ressemble à une cabine téléphonique avec un tabouret, et pour quelques francs on a 8mn de connexion. Très pratique. Ayers Rock est au centre de l'Australie. La ville la plus prés (Alice Spring, 20.000 hab.) est à 500km. Le gros rocher rouge (Uluru) est un site sacré pour les aborigènes (on dit maintenant les Anangus). Avec les Monts Olgas (Kata Tjuta) et les environs, c'est devenu le parc national de Uluru Kata Tjuta. Il est géré par les aborigènes. La veille j'ai appelé Sahara Tours à Alice Springs, pour confirmer que nous arrivions bien à 12h35 à Ayers Rock, pour rejoindre un groupe parti tôt le matin en minibus de cette ville. Il se passe alors quelque chose de surréaliste. L'avion se pose à 12h30. A 12h36 nous sortons de l'aéroport, et nous voyons le minibus avec sa remorque chargée de bois s'arrêter pile devant nous. Un rendez vous à la minute près entre un avion parti à 3.500km de là et un bus venant de faire 500km. Ce n'était pas un hasard, nous retrouverons cette exactitude pendant tout notre voyage.

Le guide-chauffeur-cuisinier c'est Terry. Il est coiffé d'un chapeau type Crocodile Dundee, et porte pantalon et chemise "scouts", c'est quasiment l'uniforme dans la région. Il est assisté de Rose, même uniforme mais sans le chapeau. Nous rentrons dans le minibus et faisons connaissance avec le groupe (dans ces circonstances on se demande toujours sur qui on va tomber). Au cours de ces 3 jours, nous bavarderons avec un couple de retraités anglais. Lui était forestier, et elle reçoit des touristes dans son Bed & Breakfast. Ça tombe bien, elle apprend le français. Ils visitent l'Australie, puis passeront par les Iles Salomon avant de rejoindre à Tonga le bateau d'un ami, puis ils navigueront jusqu'à Singapour. Belle retraite ! Nous connaîtrons aussi un couple de jeunes suisses de Zurich. Ils ont fermé leur bureau d'architecte pour 3 mois. Un autre suisse polyglotte est cuisinier dans un palace de Genève. Il y a le roi de la pizza et des pastas, un jeune italien venu aider un cousin pour ouvrir une pizzeria à Sydney. Avec son anglais amusant, le récit de " Comment faire cuire les pâtes " devient une épopée, et l'énumération des variétés de pâtes est aussi longue qu'une chanson, et y ressemble d'ailleurs. Une canadienne, un couple d'australiens sympa, un autre d'allemands qui n'ouvriront quasiment pas la bouche, ni entre eux ni avec les autres. Et enfin un jeune japonais qui apprend l'anglais en Tasmanie et a fait venir sa copine pour 15 jours de vacances.

Le moyen de transport comprend un minibus climatisé Toyota, équipé désert, et une très grosse remorque avec dans la partie basse les bagages, et au-dessus des sacs de glaces et des coffres avec la nourriture pour les 3 jours, et enfin sur le toit des branches ramassées en chemin pour le feu du soir. Nous arrivons au camp. Voici le minibus, la remorque et le campement à Ayers Rock. Il y a 12 tentes disposées en carré, et au centre un emplacement pour le feu. Une grande baraque sert de "cuisine salle à manger". Il y a l'électricité et l'eau. Le bloc sanitaire est à 50 m. et tout autour poussent des arbres maigrichons. L'endroit est très très très calme. On entendrait une mouche voler. Justement il y en a dans le coin. Nous recevons notre sac à viande et nous installons dans la tente. Elle fait 3,5 x 3,5m, et on peut s'y tenir debout. Un lit de camp à droite et un à gauche, avec des duvets. Quel côté préfères-tu ? Il n'y a pas d'éclairage.

Déjeuner. Les assiettes, couverts, verres, sont dans un coin, et aussi des pliants pour s'asseoir. Sur la table Terry a placé les sacs de pain de mie, des saladiers avec des crudités, des paquets de jambon, boites de thon, œufs durs, sauces. Et chacun se sert comme il veut. Quand c'est fini, on lave sa vaisselle à l'évier et on essuie. Tous participent au rangement. C'était frugal mais nourrissant, mais il est préférable de ne pas avoir l'estomac lourd pour ce qui va suivre. Distribution de bouteilles d'eau que l'on place dans un étui en toile porté sur l'épaule. Il fait un peu plus de 30°C. Voici une photo de la salle à manger au campement. Avec le minibus nous partons vers les monts Olgas (Kata Tjuta). Jusqu'à l'horizon la région est totalement plate et semi aride, avec des buissons et des plantes rampantes. Dans certaines zones poussent des eucalyptus. Ils cachent en fait des installations, comme notre campement, quelques restaurants, et même 2 ou 3 hôtels de luxe. Seul un pylône et une grande antenne satellite sont visibles. A l'horizon un massif rocheux émerge du sol : les Monts Olgas. C'est une mini chaîne montagneuse d'une dizaine de kilomètres de long et presque cinq cents mètres de haut, formée d'une suite de dômes. Nous approchons lentement. Je veux dire que cette chaîne est encore à 20km quand on commence à la voir, et qu'il faut donc environ 20mn pour arriver à sa base. Voilà, nous y sommes. Au parking de départ pour la randonnée dans la Vallée des Vents, de grands panneaux nous informent qu'il faut partir avec de l'eau, et ne pas partir du tout s'il fait plus de 37°C. . Prêt pour le départ dans les Monts Olgas. Chaque année des accidents arrivent, rendus plus critiques par l'éloignement des hôpitaux. Insolations, chutes. Terry connaît le terrain, et c'est sans crainte que nous partons d'un bon pas Il commente la formation géologique du paysage et la flore rencontrée, l'origine de la couleur de la pierre, l'érosion par l'eau des violents orages. Quelques fortes montées, mais c'est tout à fait faisable pour quelqu'un d'habitué à la marche. Halte chaque demie heure. L'ennemi c'est les mouches ! Se couvrir du flynet. Nous suivons un sentier entre les dômes, à l'intérieur du massif. Trois heures plus tard et la bouteille d'eau vidée, retour au bus. Goûter et passage par la baraque "toilettes" du parking. On sent bien que de toute évidence la mise au point d'une telle installation en zone désertique n'est pas encore au point.

Départ vers le mythique rocher d'Ayers Rock (Uluru) pour le coucher du soleil. Le minibus roule presque une heure; et la silhouette du monolithe rouge grossit lentement à l'horizon. C'est une masse rocheuse gigantesque qui jaillit de la plaine, sans aucun signe annonciateur. Pas de rochers éparpillés, ou de dénivellation de la route. Le Mont-St Michel sur sa grève ? Les flèches de Chartres dominant les blés de la Beauce ? Mais la plaine ici est un continent, et surtout les créations de l'humanité sont totalement absentes du paysage. Il y a le désert plat à l'infini, et cette masse improbable qui en émerge. L'humanité n'est tout de même pas très loin : une toute petite partie est venue pour voir un coucher du soleil exceptionnel, et la cérémonie s'organise. Sur un grand parking les autobus, minibus, camping cars, 4x4 poussiéreux, sont sagement alignés. Une barrière en fil de fer dissuade de se diriger vers le rocher, encore à 2 km. Le sol est ici sacré. A coté des quelques autobus de luxe sont placées des tables couvertes de nappe blanches qui tombent jusqu'au sol. Des plateaux de canapés sont posés dessus. Les bouteilles de champagne refroidissent dans des seaux à glace, et les chandeliers sont allumés. Pour nous c'est plus modeste. Un cubitainer de rosé et un autre de blanc posés sur des pliants. Gobelets en plastique, chips et sauce tex mex. Cet aspect touristique est amusant, mais sans aucune vulgarité ni ridicule. Et il n'y a finalement qu'une centaine de personnes. La couleur du rocher est encore celle d'un sable rose. . Elle s'assombrit lentement. Le soleil est derrière nous, et les ombres portées s'allongent sur 20 m. Impossible de photographier le rocher sans que l'ombre du photographe ne soit dans le champ. La couleur est maintenant rouge sombre. Le soleil bascule derrière l'horizon, la scène disparaît dans la pénombre. Le rideau est tiré. Sur la route vers le campement, dans une nuit déjà noire, Terry nous arrête dans un bar installé sous une grande tente pour acheter de la bière. Il faut choisir entre la Foster et la VB (Victoria Beer). Les caisses sont placées au frais dans la remorque. Pendant que nous faisions quelques ablutions au campement, Terry a fait cuire des steaks et des saucisses sur un barbecue. Attention, le barbecue australien est en fait une plaque métallique chauffée au gaz ou à l'électricité. La viande n'est donc pas grillée ni saisie, mais cuite comme à l'étouffée. Et bien cuite. Dîner dans la salle à manger. Vaisselle. Rangement. Les pliants sont déplacés, et nous nous installons pour des bavardages autour du feu. Coucher vers 10h. Le noir est complet dans la tente, c'est là qu'intervient bien sûr la torche électrique mise dans les bagages. Silence absolu. Dans la nuit toutefois nous entendrons des dingos.

suite : Kings Canyon, Alice Springs, Cairns


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